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Moscou en tant que centre financier international

Moscou en tant que centre financier international

Les réformers économiques, mis en place depuis des années en Russie, ont fait de Moscou le plus important centre financier du pays qui, d’après le niveau de développement de son système financier et de concentration des ressources financières, dépasse d’une façon considérable les autres villes russes. Moscou abrite aujourd’hui la plupart des plus grandes structures financières nationales : banques, compagnies d’assurance, caisses de retraite, bourses, etc. Des 1250 établissements de crédit russes plus de 600 sont présents à Moscou. Plus de 80% des flux financiers du pays passent par le système financier de la capitale russe.

La première bourse nationale se trouve également à Moscou. La Bourse de valeurs interbancaire de Moscou est l’une des dix plus grandes bourses du monde : elle assure plus de 80% des échanges sur le marché des titres en Russie, dont 30% des transactions sont effectuées par des clients non-résidents. Les plus importantes sociétés russes sont présentes à Moscou, et la plupart des compagnies étrangères opérant sur les marchés régionaux russes ont installé leurs sièges sociaux dans le capitale russe. En 2007 Moscou est devenue la troisième ville mondiale d’après la grandeur de son budget, qui avait dépassé 40 milliards de dollars pour accroître encore de 20% en 2008. Tout cela explique la nécessité objective pour Moscou de s’integrer activement dans le système financier global et d’y renforcer son rôle international.

En même temps, sur le plan pratique l’évolution de Moscou en un centre financier international entraînera l’afflux de nouveaux investissements dans l’infrastructure de la ville, l’augmentation de la base d’imposition et des emplois pour les spécialistes de haute qualification ce qui est surtout important pour Moscou avec son grand nombre d’établissements d’enseignement supérieur et académiques. Cela aura également pour conséquence la hausse des salaires moscovites, c’est-à-dire l’augmentation du niveau de vie des citoyens et de la demande de consommation. Cet axe de développement ultérieur de la ville est étroitement lié aux programmes de développement de la ville à l’horizon 2025 qui sont actuellement élaborés dans le cadre de la mise en œuvre de l’ordonnance du Gouvernement de Moscou datée du 17 août 2007 numéro 1761 “ Sur l’organisation des activités visant la mise en place de la stratégie de développement de la ville à l’horizon 2025 ”.

Ainsi, en définissant les priorités clés du développement stratégique de la ville à long terme, le Gouvernement de Moscou cherche à favoriser l’évolution de la capitale russe en l’un des centres financiers leaders qui devrait non seulement participer aux processus économiques globaux, mais aussi influencer le développement de l’économie mondiale par le biais de sa haute concentration du grand business financier, son système d’enseignement et de formation professionnelle approprié, son infrastructure urbaine sophistiquée et ses conditions de vie confortables tant pour les moscovites que pour les multiples hommes d’affaires et touristes étrangers.

L’expérience mondiale de la création des centres financiers internationaux modernes au Singapour et en Chine (à Hong Kong et Shanghai) a clairement montré que pour la réussite des projets pareils on a besoin de plusieurs " points de croissance " qui servent de plate-forme pour l’émergence et le développement de ce centre.

  • l’économie avec un grand potentiel de croissance ;
  • la devise nationale stable ;
  • l’accès public aux capitaux propres ;
  • le caractère libéral de l’économie nationale.

Il faut dire que Moscou répond déjà aux certains critères metionnés ci-dessus, et en ce qui concerne les autres — elle cherche à y satisfaire.

La première condition prévoyant l’existance de l’économie avec un fort potentiel de croissance ne pose pas de problèmes : depuis 2000 la Russie en général, et Moscou en particulier, ont occupé les premières places quant au rythme de croissance économique réelle. Ces dernières années le PIB et le PRB ont fortement progressé, le volume du marché de consommation n’a cessé de croître et des sociétés russes ont considérablement renforcé leurs positions, y compris sur les marchés mondiaux, pour se transformer en de grands investisseurs à l’étranger.

La deuxième condition stipulant la devise nationale forte ne demande pas d’explications complémentaires : malgré les fluctuations par à-coup du taux de change du dollar et de l’euro, le rouble a montré les années précédantes une stabilité digne d’envie par rapport aux principales devises mondiales, et le système financier et de crédit russe a bien tenu le coup dans les conditions compliquées de la crise financière globale grâce au soutien de l’Etat.

Le troisième point prévoit l’accès public aux capitaux propres des sociétés nationales. Bien que ce soit toujours un groupe social peu nombreux qui possède les droits de propriété à l’égard des essentiels sites industriels et ressources naturelles russes, la situation dans ce domaine est en pleine transformation positive : le grand business russe voit se développer la culture d’actionnariat, plusieurs importantes compagnies ouvrent leurs capitaux au public en entrant sur le marché boursier intérieur et étranger pour des introductions en bourse, et les investisseurs privés y placent des disponibilités qui deviennent de plus en plus nombreuses en Russie.

Satisfaire à la quatrième condition exigeant le caractère libéral de l’économie nationale où les marchés financiers fonctionnent suivant les règles établies par l’Etat, mais les acteurs économiques opèrent sans ingérence abusive des organes de contrôle, reste une des priorités des autorités fédérales russes. En plus, le développement de la capitale russe en tant que centre financier international sera encouragé par une législation spéciale incitative dans le domaine de la fiscalité et des finances qui rendra la ville plus attrayante aux importants investissements étrangers.

En même temps il est à noter que la réalisation par Moscou de ce projet économique global ne conduira pas à la stagnation des autres plate-formes financiers, déjà mis en place dans certaines villes russes (Saint-Pétersbourg, Nijni-Novgorod, etc.), mais deviendra un moteur du développement plus rapide des autres marchés financiers régionnaux qui vont sans doute connaître une croissance dynamique grâce à l’effet de synergie bénéfique produit par Moscou comme centre financier international.

La réussite du projet peut être garantie par une collaboration étroite entre les autorités fédérales, le Gouvernement de Moscou et les milieux d’affaires. Ainsi, la nécessité de créer à Moscou l’un des centres de finances leaders dans le monde est le point de départ de la Conception du développement économique et social à long terme de la Fédération de Russie, élaborée par le Ministère du développement économique russe. Réunir les conditions propices à l’évolution du système financier et à l’épanouissement du grand business opérant dans ce domaine constitue également une priorité d’action pour le Gouvernement de Moscou.

Prenant en considération les informations ci-dessus, ainsi que le fait que l’Etat fédéral a pris des mesures supplémentaires visant à soutenir en ce temps de la crise financière globale le système financier et de crédit russe, on peut croire que d’ici 2025 Moscou aura toutes les conditions nécessaires pour devenir l’un des cinq premiers centres financiers mondiaux, ou au moins dans les dix ans à venir de se transformer en le leader du marché des finances des états de la CEI, des pays baltes et de l’Europe de l’Est.